Journée mondiale des zones humides 2026 : ces milieux discrets qui font vivre la Martinique

22.01.2026
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L’équipe du Zoo de Martinique
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Mangroves, rivières et mares façonnent la Martinique. À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2026, découvrons ces milieux essentiels à la faune et aux savoirs locaux.

On passe souvent à côté sans vraiment les voir. Pourtant, en Martinique, les zones humides sont partout. Dans les vallées, le long des rivières, dans les mangroves, au creux des forêts ou même au détour d’un sentier. À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque année le 2 février, c’est l’occasion de s’arrêter un instant… et de mieux comprendre pourquoi ces milieux sont si précieux.

En 2026, le thème met à l’honneur les savoirs traditionnels. Un choix qui a du sens ici, où l’eau, la terre et la forêt ont toujours dicté les usages, les cultures et les équilibres de l’île.

Zones humides de Martinique : des espaces vivants à préserver

Quand on parle de zones humides, on imagine souvent des marais ou des mangroves. En réalité, le terme recouvre une grande diversité de milieux : rivières, mares temporaires, zones forestières humides, sols gorgés d’eau une partie de l’année…

Ces espaces jouent un rôle fondamental. Ils stockent l’eau, filtrent naturellement les polluants et atténuent les effets des épisodes climatiques extrêmes. Mais surtout, ils abritent une biodiversité discrète, parfois invisible, toujours essentielle.

En Martinique, de nombreuses espèces animales dépendent directement de ces milieux pour se nourrir, se reproduire ou simplement survivre.

Une faune sauvage qui ne peut pas vivre sans ces milieux

Les zones humides sont de véritables refuges pour la faune sauvage. Amphibiens, reptiles, oiseaux, insectes et petits mammifères y trouvent des conditions que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

La grenouille hylode, par exemple, est étroitement liée à l’humidité des sous-bois et à la qualité de l’eau. Certains reptiles, insectes ou invertébrés ne peuvent accomplir leur cycle de vie qu’en présence de ces milieux. Quand les zones humides disparaissent ou se dégradent, ce sont des équilibres entiers qui s’effondrent.

« On oublie souvent que beaucoup d’animaux ne sont visibles que parce que ces milieux existent encore. Quand l’eau disparaît, eux aussi. »
— Sabine, Chef soigneuse animalière au Zoo de Martinique

Des paysages façonnés par l’eau… et par l’homme

En Martinique, les zones humides ne sont pas seulement naturelles. Elles sont aussi culturelles. Pendant des générations, les habitants ont appris à observer les saisons, les niveaux d’eau, les sols, pour cultiver, pêcher ou se déplacer.  

Ces savoirs, transmis de manière orale et empirique, font partie intégrante du patrimoine martiniquais. Ils rappellent une chose essentielle : vivre avec ces milieux, plutôt que contre eux, a toujours été une nécessité.

Aujourd’hui, ces espaces sont fragilisés. Urbanisation, artificialisation des sols, pollution et changement climatique exercent une pression constante sur des écosystèmes déjà sensibles.

Le Zoo de Martinique, un lieu pour comprendre ces équilibres

Installé au cœur de l’ancienne habitation Latouche, le Zoo de Martinique évolue dans une vallée où l’eau et la végétation ont toujours joué un rôle central. Le jardin botanique du parc met en valeur des espèces végétales tropicales intimement liées aux milieux humides.

Cette richesse végétale crée un environnement propice à la présence d’animaux observables librement : oiseaux, insectes, amphibiens ou reptiles. Elle permet aussi de mieux comprendre les liens étroits entre flore, eau et faune.

Le parc accueille également des espèces animales originaires de zones humides d’Amérique latine, comme le capybara, le tamanoir ou certaines espèces de reptiles. Leur observation aide à saisir concrètement le rôle de l’eau dans les écosystèmes tropicaux.

« Ici, tout est connecté. La plante nourrit l’insecte, l’insecte nourrit l’animal, et l’eau est au centre de tout. »
— Jimmy Limousin, Directeur du Zoo de Martinique  

Sensibiliser aujourd’hui pour préserver demain

La Journée mondiale des zones humides n’est pas qu’une date symbolique. C’est un rappel. Celui que ces milieux sont vivants, fragiles, et qu’ils ont besoin d’attention pour continuer à jouer leur rôle.

Au Zoo de Martinique, la sensibilisation passe par l’observation, les échanges avec les équipes, et la découverte progressive des liens entre les espèces et leur environnement. Comprendre comment un animal vit, c’est aussi comprendre ce dont il a besoin pour survivre.

Un patrimoine naturel à transmettre

Les zones humides sont des alliées face au changement climatique, des refuges pour la biodiversité et des témoins d’une relation ancienne entre l’homme et la nature. En Martinique, leur protection est un enjeu écologique, mais aussi culturel.

La Journée mondiale des zones humides nous invite à changer de regard. À ralentir. À écouter. Et à prendre conscience que ces milieux, souvent discrets, sont indispensables à l’équilibre de l’île… aujourd’hui comme demain.

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